Tag Archives: exchange student

Au revoir et à bientôt!

22 Déc

20131221_182233

Il est actuellement 1 heure du matin à Séoul… 8 heures de moins en France. Et déjà une différence par rapport à mon départ. Quand je suis partie, le décalage horaire était de 7 heures, mais les coréens ne changent pas d’heures en hiver alors sans le remarquer une heure de plus m’a séparé de la France.

.

Il est actuellement 1 heure du matin à Séoul, je suis confortablement installé dans un fauteuil dans le SPA de l’aéroport et j’attends que les heures passent pour prendre l’avion qui me ramènera en France et terminera l’aventure que j’ai vécu durant 4 mois. J’ai envie de dire tout d’abord… Quel aventure !

Si j’essaie de me remémorer les premiers jours ici, cela me paraît floue. Et si pire encore, j’essaie de me rappeler avant le 26 août, j’ai encore plus de mal… quand je regarde derrière, tout est coréen… Et pourtant, j’ai l’impression que je suis arrivée hier. Et en même temps, j’ai l’impression d’être là depuis si longtemps…

.20131222_062752

Quand je suis venue ici, je pensais presque tout connaître de ce qu’il fallait connaître… Je l’avais dis, j’avais lu tellement de livres sur la Corée que j’avais presque peur de ne pas me sentir dépaysé… Mais ce que j’ai appris ici, c’est que l’on peut penser connaître sur le bout des doigts n’importe quel sujet, il n’empêche que nous ne pourrons jamais le connaître parfaitement… parce qu’autant que nous changeons (c’est indéniable), lui aussi change…

.

Je ne suis plus la même que celle qui est partie, tout comme Séoul n’est plus la même… La ville évolue, la vie dans la ville mais aussi mon regard.

.

Hier, je marchais dans la rue Insubong-gil… la première rue dans laquelle j’ai marché seule en arrivant à la faculté. Cette rue qui m’avait parut tellement hostile à mon arrivée, qui m’avait effrayé au point de me faire douter de ma capacité à m’adapter. Hier j’ai marché dans cette rue avec nostalgie… je peux dire l’ordre des magasins… je sais qui en est le patron, ils me connaissent… « la jolie poupée aux grands yeux », (on finit par s’y faire…). Cette rue qui m’effrayait d’abord, m’est familière… elle mène à la station de métro dans un sens, à hanshin dans l’autre… Je l’ai remonté seule, avec des amis, en riant… et en pleurant. J’y ai découvert des gens curieux, bienveillant, infiniment bon ou tout simplement humain.

.

Séoul qui un temps m’a paru impersonnel, inaccessible, indomptable a fini par m’ouvrir les bras et m’offrir son hospitalité. D’étrangère, je suis passée à résidente. D’étrangère, je suis passée à familière. Pourtant, je ne connais pas Séoul sur le bout des doigts… Je pense qu’on ne le peut pas, je ne connais même pas Paris sur le bout des doigts. Mais je suis à Séoul chez moi. Comme une mère bienveillante, elle a su m’accueillir et me donner l’occasion d’y déposer un peu de mon vécu…

Je ne peux plus voir ce pays comme un lointain voisin, parce que j’y suis connecté. Et je ne peux plus me sentir étrangère ici, parce qu’une multitude de référence fait sens. Je ne pourrais sans doute plus me sentir perdue. Mais pourtant, même si je reviendrais, je ne pourrais pas me sentir pleinement là. Parce que les choses seront forcément différente.

.

.

En venant, je pensais que j’allais vivre des choses incroyables tout le temps… que ça allait être comme vivre à Disneyland tous les jours… les yeux qui pétillent sans cesse. Je pensais que j’allais tout voir et connaître la ville et le pays sur le bout des doigts. Et en fait non.

Ce qui était incroyable, c’était de partir… d’oser venir dans un pays qui est à l’opposé culturellement de mes origines, de m’y intégrer et d’y vivre… Le plus incroyable c’était d’y déplacer mon quotidien. J’ai découvert que partir vivre à l’étranger veut simplement dire « se déplacer »… J’ai simplement déplacé mon quotidien. Alors bon, je n’ai pas retrouvé le même sinon autant rester en France. Mais je me suis recréer un quotidien propre à ce pays…

.

Finalement j’ai passé plus de temps dans la salle de lecture que je n’ai visité le pays. J’ai aussi sans doute plus progressé en anglais qu’en coréen. Je reviens aussi avec plus de questions que de réponses mais aussi la ferme assurance que les choses sont incroyable.

.

.

En partant, je voulais de l’incroyable, je n’avais pas réalisé que je vivais déjà l’incroyable… Aujourd’hui en revenant, je ne sais pas trop, je suis triste. Je quitte un pays qui m’a fait passé par tous les sentiments possibles, j’ai rencontré des gens formidables, j’ai eu des échanges parfois fort, parfois moins mais toujours beau. La faculté va me manquer, les amis d’ici vont me manquer, le kimchi, le gochujang, et même la pieuvre séché. Le Mint chocolate d’Ediya, Le caramel macciato du joyeux café… Entendre parler coréen, toujours devoir sortir de soi pour aller vers l’autre, parler en anglais, la ville… Tellement de choses…

.

Mais je sais que je reviendrais… La Corée et moi cela ne fait que commencer… Les situations seront différentes, les gens aussi… Cela semble incroyable, mais finalement peut-être est-il le moment pour moi d’y croire.

.

.

Tout à l’heure quand j’aurais passé les portes de l’aéroport, je sais que mon cœur va se serrer, mais ce n’est pas un adieu… seulement un au revoir et à bientôt !

.

.P1060199

.

.

.

.

Ps: J’ai encore des choses à dire sur la Corée… alors n’hésitez pas à venir faire un petit tour de temps en temps… Et puis, je dois toujours mettre en ligne le récit de mes aventures à Busan, à Gwangju… Merci à vous tous, ce voyage est vivant grâce à vous aussi 😀

Publicités

Premières impressions… L’arrivée à Séoul.

30 Août
DSCN8932Panneau d’orientation de l’université

Me voilà arrivée depuis hier en Corée du Sud. Mon arrivée ici ne s’est pas passé comme je l’aurais imaginé. Quand je lis les blogs des gens qui partent à l’étranger où que j’entends l’expérience de mes amis, tous semble super étonné, enthousiasmé, et ont l’air de connaître tout le monde dès le départ. Au point que j’en finis par me dire : qu’est ce qui ne va pas chez moi ?

L’étudiant était bien comme je m’y attendais… enfin plutôt deux ! En réalité, ils étaient deux étudiants à m’attendre avec un panneau avec mon nom et le nom de l’université dessus. J’ai à peine eu le temps de dire au revoir au français avec qui j’ai fait le vol ; je n’ai même pas pensé à prendre son nom, son numéro où son facebook… Dommage car cela aurait été bien de pouvoir partager avec quelqu’un qui vivait les mêmes difficultés que moi. Mon vol s’est bien passé, même si trop long… J’étais assise à côté d’un garçon français qui part comme moi en échange étudiant mais à Suwon, une ville au sud de Séoul. Il ne parle pas trop anglais et pas du tout coréen, nous avons passé les contrôles d’arrivé ensemble.

Je suis ensuite partie de mon côté, les étudiants coréens ne m’ont pas laissé le temps de lui dire au revoir convenablement, l’un attrapant ma valise, l’autre mon sac et s’excusant de ne l’avoir pas pris de suite et de me l’avoir laissé porter jusqu’à la sortie. Puis nous avons rejoins la voiture de Suk-Oh (qu’il avait perdu dans les dédales des parkings de l’aéroport. La taille de ce parking est immense… Nous étions au D section 26… avant cela il y avait A,B et C et pour rejoindre le D, nous sommes passé par le E…

L’aéroport d’Incheon est vraiment loin de Séoul, et on roule sur une route qui ressemble à une autoroute limité à 100 avec 4 voies… et ils roulent sur la voie de gauche… Nous avons bien mis 2h avant d’arriver à la faculté. Je n’ai pas vu grand chose car ces grandes arrêtes de routes sont protégé par des murs et derrières des grands immeubles, tous semblable avec un numéro écrit en énorme à chaque fois dessus. Les deux étudiants Suk-Oh et Soul-Mae ne parle pas vraiment anglais alors ils écrivent sur une application pour me poser des questions, c’est assez drôle… et je me retrouve en position de celle qui parle vraiment anglais. Ce qui me vaut la question : « Est ce que tout les français parle aussi bien anglais ? » Les pauvres si ils savaient que mon niveau est limité et que notre niveau en anglais équivaut à notre connaissance de la fabrication du kimchi… Mais les grandes marques sont là pour poursuivre la discussion… Suk-Oh me parle avec entrain de sa passion pour Louis Vuitton et Gucci, marques françaises, qui propulse pour lui la France au rang de meilleure pays du monde (après la Corée bien entendu).

Ces deux étudiants coréens sont exactement à l’image de ceux que l’on voit dans les dramas et donc de l’image que je me faisais d’un étudiant coréen : Pantalon beige pour l’un, slim noir pour l’autre, polo pour les deux… La même dégaine, le même sourire et le même humour et proximité.

La ville où du moins la partie que j’ai vu ne correspond pas à ce que je m’imaginais… Moins citadin, plus… chargé. Je m’attendais à des magasins à devanture et autres éléments dans le genre, de grandes rue et des quartiers clairs… Il n’en est rien ! De ce que j’ai vu, c’est un détale de petit immeuble cube surchargé d’affaires et d’écritures. Les devantures de magasins sont remplis d’inscriptions et d’objet, les prix ne sont pas affichés. Et il est difficile de distinguer un restaurant d’autre chose et aussi de savoir exactement les prix des choses… tout étant écrit en coréen partout, tout le temps.

DSCN8926

Bâtiment Centrale de la faculté

Me voilà livré à moi même dans ma chambre, ma coloc étant encore en vacance, sans personne à qui parler et sans avoir tout compris… Notamment comment faire pour que la porte se verrouille. Coup de déprime total ! Je suis là seule, tout ceux que j’aime sont à des milliers de kilomètres et mon téléphone ne capte aucun réseau… impossible donc de prévenir que je vais bien, que je suis bien arrivée et que je repartirais bien…