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Au revoir et à bientôt!

22 Déc

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Il est actuellement 1 heure du matin à Séoul… 8 heures de moins en France. Et déjà une différence par rapport à mon départ. Quand je suis partie, le décalage horaire était de 7 heures, mais les coréens ne changent pas d’heures en hiver alors sans le remarquer une heure de plus m’a séparé de la France.

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Il est actuellement 1 heure du matin à Séoul, je suis confortablement installé dans un fauteuil dans le SPA de l’aéroport et j’attends que les heures passent pour prendre l’avion qui me ramènera en France et terminera l’aventure que j’ai vécu durant 4 mois. J’ai envie de dire tout d’abord… Quel aventure !

Si j’essaie de me remémorer les premiers jours ici, cela me paraît floue. Et si pire encore, j’essaie de me rappeler avant le 26 août, j’ai encore plus de mal… quand je regarde derrière, tout est coréen… Et pourtant, j’ai l’impression que je suis arrivée hier. Et en même temps, j’ai l’impression d’être là depuis si longtemps…

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Quand je suis venue ici, je pensais presque tout connaître de ce qu’il fallait connaître… Je l’avais dis, j’avais lu tellement de livres sur la Corée que j’avais presque peur de ne pas me sentir dépaysé… Mais ce que j’ai appris ici, c’est que l’on peut penser connaître sur le bout des doigts n’importe quel sujet, il n’empêche que nous ne pourrons jamais le connaître parfaitement… parce qu’autant que nous changeons (c’est indéniable), lui aussi change…

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Je ne suis plus la même que celle qui est partie, tout comme Séoul n’est plus la même… La ville évolue, la vie dans la ville mais aussi mon regard.

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Hier, je marchais dans la rue Insubong-gil… la première rue dans laquelle j’ai marché seule en arrivant à la faculté. Cette rue qui m’avait parut tellement hostile à mon arrivée, qui m’avait effrayé au point de me faire douter de ma capacité à m’adapter. Hier j’ai marché dans cette rue avec nostalgie… je peux dire l’ordre des magasins… je sais qui en est le patron, ils me connaissent… « la jolie poupée aux grands yeux », (on finit par s’y faire…). Cette rue qui m’effrayait d’abord, m’est familière… elle mène à la station de métro dans un sens, à hanshin dans l’autre… Je l’ai remonté seule, avec des amis, en riant… et en pleurant. J’y ai découvert des gens curieux, bienveillant, infiniment bon ou tout simplement humain.

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Séoul qui un temps m’a paru impersonnel, inaccessible, indomptable a fini par m’ouvrir les bras et m’offrir son hospitalité. D’étrangère, je suis passée à résidente. D’étrangère, je suis passée à familière. Pourtant, je ne connais pas Séoul sur le bout des doigts… Je pense qu’on ne le peut pas, je ne connais même pas Paris sur le bout des doigts. Mais je suis à Séoul chez moi. Comme une mère bienveillante, elle a su m’accueillir et me donner l’occasion d’y déposer un peu de mon vécu…

Je ne peux plus voir ce pays comme un lointain voisin, parce que j’y suis connecté. Et je ne peux plus me sentir étrangère ici, parce qu’une multitude de référence fait sens. Je ne pourrais sans doute plus me sentir perdue. Mais pourtant, même si je reviendrais, je ne pourrais pas me sentir pleinement là. Parce que les choses seront forcément différente.

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En venant, je pensais que j’allais vivre des choses incroyables tout le temps… que ça allait être comme vivre à Disneyland tous les jours… les yeux qui pétillent sans cesse. Je pensais que j’allais tout voir et connaître la ville et le pays sur le bout des doigts. Et en fait non.

Ce qui était incroyable, c’était de partir… d’oser venir dans un pays qui est à l’opposé culturellement de mes origines, de m’y intégrer et d’y vivre… Le plus incroyable c’était d’y déplacer mon quotidien. J’ai découvert que partir vivre à l’étranger veut simplement dire « se déplacer »… J’ai simplement déplacé mon quotidien. Alors bon, je n’ai pas retrouvé le même sinon autant rester en France. Mais je me suis recréer un quotidien propre à ce pays…

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Finalement j’ai passé plus de temps dans la salle de lecture que je n’ai visité le pays. J’ai aussi sans doute plus progressé en anglais qu’en coréen. Je reviens aussi avec plus de questions que de réponses mais aussi la ferme assurance que les choses sont incroyable.

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En partant, je voulais de l’incroyable, je n’avais pas réalisé que je vivais déjà l’incroyable… Aujourd’hui en revenant, je ne sais pas trop, je suis triste. Je quitte un pays qui m’a fait passé par tous les sentiments possibles, j’ai rencontré des gens formidables, j’ai eu des échanges parfois fort, parfois moins mais toujours beau. La faculté va me manquer, les amis d’ici vont me manquer, le kimchi, le gochujang, et même la pieuvre séché. Le Mint chocolate d’Ediya, Le caramel macciato du joyeux café… Entendre parler coréen, toujours devoir sortir de soi pour aller vers l’autre, parler en anglais, la ville… Tellement de choses…

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Mais je sais que je reviendrais… La Corée et moi cela ne fait que commencer… Les situations seront différentes, les gens aussi… Cela semble incroyable, mais finalement peut-être est-il le moment pour moi d’y croire.

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Tout à l’heure quand j’aurais passé les portes de l’aéroport, je sais que mon cœur va se serrer, mais ce n’est pas un adieu… seulement un au revoir et à bientôt !

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Ps: J’ai encore des choses à dire sur la Corée… alors n’hésitez pas à venir faire un petit tour de temps en temps… Et puis, je dois toujours mettre en ligne le récit de mes aventures à Busan, à Gwangju… Merci à vous tous, ce voyage est vivant grâce à vous aussi 😀